Guide pour Linux (testé sur TuxedoOS, valable sur toute distribution récente). La procédure fonctionne pour n’importe quelle ISO d’installation : Debian, Ubuntu, Fedora, Proxmox VE, Arch, etc.
⚠️ Avertissement :
ddécrit sans demander confirmation et détruit tout le contenu du périphérique cible. Une erreur de nom (sdaau lieu desdb) peut écraser un disque système. Vérifiez deux fois avant de lancer.
1. Identifier le périphérique de la clé USB#
Méthode principale : lsblk#
Branchez la clé, puis lancez :
lsblk -o NAME,SIZE,TYPE,TRAN,MODEL,MOUNTPOINTSRepérez la ligne correspondant à votre clé grâce à trois indices :
TRANafficheusb→ c’est un périphérique USB (le disque interne affichenvmeousata).SIZEcorrespond à la capacité annoncée de la clé (une clé de 64 Go apparaît vers 57–58 Go).MODELaffiche souvent le nom du fabricant (ex.USB DISK 3.0).
Exemple de sortie :
NAME SIZE TYPE TRAN MODEL MOUNTPOINTS
sda 57,8G disk usb USB DISK 3.0
└─sda1 57,8G part /media/user/DATA
nvme0n1 953,9G disk nvme SKHynix_HFS001TEM9X169N
├─nvme0n1p1 200M part nvme /boot/efi
└─nvme0n1p5 476,8G part nvme /Ici la clé est /dev/sda (57,8 Go, usb, USB DISK 3.0). Le disque système nvme0n1 est à ne surtout pas toucher.
Note : les lecteurs multi-cartes intégrés affichent parfois plusieurs périphériques à
0B(sdb,sdc…). Ce sont des slots vides, à ignorer.
Méthode infaillible : voir le nom apparaître en direct#
Si un doute subsiste, laissez le noyau vous dire quel nom il attribue au moment exact du branchement.
Clé débranchée, lancez :
journalctl -kfPuis branchez la clé. Les lignes défilent en direct et vous verrez apparaître le périphérique attribué, par exemple :
juil. 20 04:57:43 tuxedo-os kernel: sd 1:0:0:0: [sda] Attached SCSI removable diskLe nom entre crochets ([sda]) est celui à utiliser. Ctrl+C pour quitter.
Que fait journalctl -kf ? journalctl lit le journal de systemd, le système centralisé de logs des distributions modernes (dont TuxedoOS et Fedora). Là où on avait historiquement des fichiers texte épars dans /var/log/, systemd collecte tout dans un journal binaire indexé qu’on interroge avec cette commande. Les deux paramètres :
-k(--dmesg) filtre pour ne montrer que les messages du noyau (kernel), comme la commandedmesg. C’est le noyau qui détecte le matériel USB et attribue le nom de périphérique (sda,sdb…), donc c’est exactement ce qu’on veut observer.-f(--follow) passe en mode suivi temps réel : la commande reste ouverte et affiche chaque nouvelle ligne au fur et à mesure, comme untail -f. C’est ce qui permet de voir la ligne apparaître à l’instant précis du branchement.
Selon la configuration, lire le journal noyau peut demander les droits. Si la sortie est vide ou tronquée, préfixez par
sudo:sudo journalctl -kf.
Variante équivalente juste après le branchement :
sudo dmesg | tail -202. Démonter la clé (sans la débrancher)#
Si une partition de la clé est montée (colonne MOUNTPOINTS non vide), démontez-la. On démonte la partition (sda1), pas le disque entier :
sudo umount /dev/sda1Répétez pour chaque partition montée (sda2, etc.) le cas échéant.
3. Vérifier le chemin de l’ISO#
Confirmez que le fichier existe avant de lancer l’écriture :
ls -lh ~/Downloads/mon-image.isoAdaptez le chemin et le nom à votre fichier.
4. Écrire l’ISO avec dd#
Remplacez sda par le nom réel de votre clé (identifié à l’étape 1) et le nom du fichier par votre ISO :
sudo dd if=~/Downloads/mon-image.iso of=/dev/sda bs=4M status=progress oflag=direct conv=fsyncSignification des options#
| Option | Rôle |
|---|---|
if= | input file — l’ISO source. |
of=/dev/sda | output file — le disque entier, pas une partition (sda, pas sda1). La plupart des ISO d’installation modernes sont des images hybrides (« isohybrid ») qui contiennent leur propre table de partitions : elles s’écrivent donc sur le disque entier. |
bs=4M | Taille de bloc de 4 Mo. Sans ça, dd copie par blocs de 512 octets — plus lent. |
status=progress | Affiche une barre de progression et le débit. |
oflag=direct | Écrit directement sur la clé en contournant le cache du noyau (page cache). La barre de progression reflète alors l’écriture réelle sur le périphérique, pas le simple remplissage de la RAM — évite de croire l’écriture terminée alors que le noyau écrit encore. |
conv=fsync | Force l’écriture réelle sur la clé avant de rendre la main. C’est le vrai garde-fou contre un débranchement prématuré. |
Si
ddrenvoie une erreurInvalid argument(rare, sur certaines clés ou contrôleurs USB qui supportent mal l’I/O direct), retirezoflag=direct:conv=fsync+ lesyncfinal (étape 5) suffisent alors.
La barre de progression peut filer vite puis marquer une pause à la fin : c’est
conv=fsyncqui vide le cache vers la clé. C’est normal, patientez.
Écrire sur
sdXou sursdX1? Par défaut, on écrit sur le disque entier (sdX), ce qui convient à toutes les images hybrides — c’est le cas de la quasi-totalité des ISO d’installation actuelles (Debian, Ubuntu, Fedora, Proxmox VE, Arch…). Les rares images non hybrides sont l’exception ; en cas de doute,sdXreste le bon réflexe.
5. Synchroniser avant de débrancher#
Par sécurité, forcez un dernier vidage des caches avant de retirer la clé :
syncUne fois sync terminé, vous pouvez débrancher la clé en toute sécurité. Elle est prête à booter.
Aide-mémoire (résumé)#
# 1. Identifier
lsblk -o NAME,SIZE,TYPE,TRAN,MODEL,MOUNTPOINTS
# 2. Démonter la partition montée
sudo umount /dev/sdX1
# 3. Vérifier l'ISO
ls -lh ~/Downloads/mon-image.iso
# 4. Écrire (remplacer sdX par le bon périphérique !)
sudo dd if=~/Downloads/mon-image.iso of=/dev/sdX bs=4M status=progress oflag=direct conv=fsync
# 5. Synchroniser
sync